Didizuka : site d’art

Sarkresh : Didizuka, bonjour ! Comment vas-tu ?

Didizuka : Bonjour, je vais très bien aujourd’hui ! Y’a du soleil, pas trop chaud, un café au lait sur le coin du bureau, et je lisais un article intéressant, donc ça va.

Sarkresh : Présente-toi donc aux lecteurs, comment t’appelles-tu ? Quel âge as-tu ? D’où viens-tu ?

Didizuka : Mon véritable prénom est Cindy, je suis d’origine française et je vis désormais en Belgique, à Jette, une des communes de Bruxelles. Quant à mon âge, je vais me contenter de répondre avec mon âge mental, soit 17 ans. Non, ce n’est pas vieux, c’est que je continue à blaguer, à ne pas me prendre la tête comme on attendrait d’un « adulte ». Bref, un cliché auquel je n’adhère pas (d’accord, j’avoue, 29 ans… snif). Je crois qu’on qualifie les personnes comme moi d’adulescents, même si le terme est laid et/ou de génération Y

Sarkresh : 17 ans d’âge mental c’est pas bien vieux, pourtant on sent une maturité affirmée dans tes dessins. D’ailleurs, j’étais en train de feuilleter « On lave son linge sale en famille ». Raconte un peu de quoi ça parle !

Didizuka : « On lave son linge sale en famille » est un one shot de 15 pages où un trader, Reditel, avec un caractère bien « pourri » est entraîné dans le marais maléfique des lavandières. Les lavandières sont une catégories de « fées ». Elles font parties des mythes des « dames blanches » si je me souviens bien. Le scénario est de Jean Michel Gernier qui aime les histoires fantastiques.

Sarkresh : Tu en as fait d’autres des petites BD courtes comme ça ?

Didizuka : Oh oui, beaucoup depuis que je suis gamine. Mais tout n’est pas sur la toile. Je ne pense pas que des histoires que j’ai dessiné à 11 ans soient intéressantes… Sinon, il y en a pas mal qui ont été publiées dans des fanzines et des webzines et qui sont disponibles à la lecture en ligne sur mon site. (Cliquez pour accéder).

Sarkresh : Donc on peut dire que tu voues une vraie passion à créer de courtes BD ! Tu les publies sur support papier ?

Didizuka : Une passion, oui, dévorante (et assassine pour le dos !). Concernant le support papier, certaines oui, dans des fanzines. Mais pas d’auto-édition, ni de publication professionnelle pour le moment… Un jour j’espère !

Sarkresh : Les éditeurs t’ont refusée ou c’est toi qui ne fait pas de démarches ?

Didizuka : Je n’ai pas encore de projets que je considère solides. Je suis tellement… Perfectionniste ! Et puis, comme j’ai passé du temps à bosser pour vivre, j’ai pas eu le temps de bien développer.

Sarkresh : Tu prévois donc quelque chose de « parfait » pour proposer à un éditeur. C’est en cours ?

Didizuka : Oui, il y a plusieurs histoires en cours d’écriture. Certaines depuis des années, je prends le temps de les enrichir, de faire attention à mon développement narratif. J’ai aussi pris du temps pour bosser mon graphisme et surtout rencontrer des personnes dans les mêmes domaines avec qui discuter. Quand je parle de « parfait », c’est que je n’ai pas envie d’y laisser des erreurs grossières autant dans le dessin que dans le scénario, même si j’ai bien conscience qu’il faut poser les crayons pour soumettre et peut-être encore changer certaines choses si un éditeur est intéressé.

« On lave son linge sale… » est né de la rencontre avec Gernier, aspirant scénariste. Je me suis confronté à un autre univers, ça a été fructueux et on remet ça pour un projet beaucoup plus ambitieux, d’une centaine de pages.

Sarkresh : Mais euh, tu fais quoi dans la vie au juste ?

Didizuka : Je suis « artiste » aux yeux de la loi, en freelance (Artiste indépendant). Je réalise des illustrations, des vidéos animées pour des éditeurs, etc… Mais ça ne nourrit pas du tout (« c’est la crise » est l’argument le plus courant pour sous-payer). J’ai fait pleins de petits jobs à côté, même volontaire médical… Bref, je ne vis pas…

Sarkresh : Travailler dans le milieu artistique est par définition une vrai galère, et je pense que tout le monde en a bien conscience. Mais tu as fais des études artistiques ou bien tu as toi-même construit ton parcours hors scolaire ?

Didizuka : Je rêvais de faire de la BD et de l’illustration. J’ai commençais par la petite porte, en autodidacte, le fanzinat. En même temps, j’ai économisé comme une malade pour me payer des études d’art, les yeux pleins d’étoiles, les parents furieux. J’ai atterri aux beaux arts où finalement j’ai découvert qu’on ne t’apprenais pas les techniques, mais le blabla pour conceptualiser des trucs pas possibles et auxquels je n’adhère pas. Mais comme les diplômes sont reconnus en Europe, je me suis entêtée là-dedans. Mais j’ai été super malheureuse et pas du tout à ma place. Donc plutôt autodidacte dans les techniques et aprentissage de blabla pour justifier ces oeuvres… Je déconseille les beaux arts.

Sarkresh : Qu’attends-tu du CyanMagenta ?

Didizuka : Je suis tombée par hasard dessus, en cliquant de lien en lien, et en voyant le site avec son design convivial par rapport à d’autres annuaires, je me suis dit que cela correspondait mieux à l’image que je me fais d’un réseau de dessineux. J’espère par ce biais faire d’autres rencontres, des personnes qui viennent sur mon blog, et je sais que j’irais voir les autres membres (ce que j’ai déjà fait, je suis curieuse). Parce que les sites austères, ça n’invite pas à la découverte non plus. En plus, le nom parle tout seul !

Sarkresh : J’ai beaucoup apprécié te poser toutes ces questions, mais cette interview est déja terminée ! Didizuka, merci pour tout ça ! Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour l’avenir ? De publier une BD ?

Didizuka : Oui, je crois que c’est le mieux qui puisse arriver ! C’était court mais intense, merci à toi !

Calomiel de filles
Nelan’ Dil de Noel